Sergueï Dovlatov

Sergueï Dovlatov (1941-1990) est né dans l’Est de la Russie. Journaliste dans des journaux de province, il ne sera jamais publié de son vivant en Union Soviétique, où ses écrits sont taxés d’«idéologiquement hostiles». Il émigre aux États-Unis en 1978 (à 37 ans). Ses écrits, romans et nouvelles, des comédies autobiographiques, y sont enfin publiés, notamment dans The New Yorker. Il est aujourd'hui unanimement acclamé par la critique russe et ses récits sont très populaires en Russie.

Une biographie romancée tournée par Alexeï Alexeïevitch Guerman est sortie en 2018

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Sergueï Dovlatov, qui a transformé sa propre biographie en œuvre littéraire, est né le 22 juin 1941 à Oufa, en république de Bachkirie, d’un père régisseur de théâtre d’origine juive et d’une mère correctrice d’origine arménienne. En 1944, il regagne avec ses parents Leningrad, d’où la famille avait été évacuée. Après ses études secondaires, il travaille quelque temps dans une imprimerie avant d’intégrer la faculté de lettres de l’université de Léningrad où il étudie deux ans et demi. Durant cette période, il fréquente les poètes non officiels, notamment Joseph Brodsky, Evgueni Reïn et Anatoli Naïman, et se marie une première fois (avec Assia Pekourovskaïa, avec qui il a une fille, Maria, en 1970, alors qu’ils sont déjà divorcés). Suite à son exclusion de l’université, il est appelé sous les drapeaux et se retrouve pendant trois ans (1962-1965) gardien d’un camp de détenus de droit commun situé en république des Komis.


Il revient avec dans ses bagages le brouillon de La Zone qui aborde le thème des camps d’une manière totalement nouvelle et qui est, bien évidemment, totalement impubliable sous le régime soviétique. Dovlatov reprend des études à l’université, cette fois en faculté de journalisme. Il travaille au journal étudiant de l’université maritime et se rapproche du groupe littéraire des Citadins fondé par les écrivains Maramzine, Efimov, Vakhtine et Goubine. Il devient le secrétaire de l’écrivaine Vera Panova. Il se remarie en 1969 avec Elena (dont il a deux enfants, une fille, Katerina, née en 1966 et un fils, Nicolas, né en 1984). Il parvient à publier des articles, mais ses nouvelles sont systématiquement refusées par les revues.

En 1972, il part vivre en Estonie où il travaille pour les journaux Estonie soviétique et Tallinn soir. Un recueil de ses nouvelles est enfin sur le point d’être publié, mais il est interdit juste avant sa parution par le KGB d’Estonie. En 1975, Dovlatov revient à Leningrad. Il intègre la rédaction de la revue Feu de bois, destinée à la jeunesse, puis devient guide au musée Pouchkine de Mikhaïlovskoe qu’il décrit dans Le Domaine Pouchkine. À cette époque, séparé de sa seconde épouse, il vit avec Tamara Zibounova et leur fille Alexandra, née en 1975. Il les quitte par la suite et se réconcilie avec Elena. Presque toutes ses tentatives de publier ses œuvres littéraires se soldent par des échecs qu’il relate dans Le livre invisible. Seules quelques nouvelles soigneusement expurgées et auto-censurées voient le jour en URSS. Son œuvre est diffusée en samizdat et publiée à l’étranger dans les revues émigrées Continent et Le temps et nous. Ce qui lui vaut en 1976 d’être exclu de l’union des journalistes soviétiques.

En 1978, confronté aux persécutions et à l’impossibilité de publier, il émigre et s’installe bientôt à New York avec sa femme Elena et sa fille Katerina, parties avant lui. Il y fonde en 1980 avec des amis un journal hebdomadaire de langue russe Le nouvel Américain qui ne survivra que jusqu’en 1983. Cette aventure lui fait perdre ses illusions sur le rêve américain et lui inspire Le journal invisible. Il collabore avec radio-Liberty, très écoutée en Union soviétique malgré le brouillage. Ses livres voient enfin le jour (douze livres publiés en douze années d’émigration) et ont du succès auprès des lecteurs émigrés, puis auprès d’un public anglophone suite à ses publications dans le New Yorker. Sergueï Dovlatov, qui a toujours brûlé la vie par les deux bouts, meurt le 24 août 1990 à New York d’une insuffisance cardiaque, alors que ses œuvres sont enfin sur le point d’être publiées dans son pays. Le Domaine Pouchkine est édité à Léningrad l’année de sa mort, suivi en 1991 par La Zone et Le Compromis, puis par une édition en trois volumes en 1995. Depuis les œuvres de Dovlatov paraissent régulièrement en Russie. Il demeure jusqu’à ce jour l’un des auteurs les plus aimés des Russes. Plusieurs films ont été tournés d’après ses textes. Des biographies lui sont consacrées, dont celle de son ami, l’écrivain Valeri Popov, parue en 2010. En 2016, une statue de Dovlatov a été inaugurée à Saint-Pétersbourg, rue Rubinstein, près de la maison où il a vécu.

La Baconnière va publier l’ensemble de l’œuvre de Dovlatov en français. Sont déjà parus Le livre invisible, le journal invisible (2017), La Filiale (2018), La Zone (2019) et La Valise (2021).

 

 

Extraits de presse

Un article inédit de John E. Jackson ! dans

C’est un récit dont il n’existe guère de tradition dans la littérature française, un récit d’ivrogne, et néanmoins l’admirable travail de la traductrice, Christine Zeytounian-Beloüs, fait que le lecteur se sent conquis dès la première page :  comment refuserait-on sa sympathie à quelqu’un qui, quand on lui propose de lire une brochure sur les méfaits de l’alcool, répond: «Vous savez, j’en ai tant lu sur les méfaits de l’alcool que j’ai décidé de renoncer définitivement… à la lecture».

Nul n'est prophète en sa Russie dans Le temps

Contraint à l’exil après une vie dans les marges, Sergueï Dovlatov n’a eu de cesse de raconter son pays et ses dérives. «La Valise» donne toute la mesure de sa douce ironie

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Chronologie Sergei Donatovitch Dovlatov
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Interview Sergei Donatovitch Dovlatov
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«— Il faut que vous lisiez Cordine, Chtchegolev Tsiavlovskaïa... Les souvenirs d’Anna Kern... Et une brochure sur les méfaits de l’alcool. — Vous savez, j’en ai tant lu sur les méfaits de l’alcool que j’ai décidé de renoncer définitivement... à la lecture.»

Sergueï Dovlatov

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