Noëlle Roger

Née Hélène Dufour à Genève le 25 septembre 1874 dans une fratrie de trois enfants de la haute bourgeoisie protestante, elle y décède le 14 octobre 1953. Curieuse de tout, rousseauiste, admiratrice de Flaubert, des frères Goncourt et de Zola, elle gagne un statut social de « femme de lettres ». Ses obsèques rassembleront une foule de personnalités littéraires, artistiques, scientifiques et politiques. Elle repose au cimetière des Rois, le petit « Panthéon genevois ».

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Née Hélène Dufour à Genève le 25 septembre 1874 dans une fratrie de trois enfants de la haute bourgeoisie protestante, elle y décède le 14 octobre 1953. Curieuse de tout, rousseauiste, admiratrice de Flaubert, des frères Goncourt et de Zola, elle gagne un statut social de « femme de lettres ». Ses obsèques rassembleront une foule de personnalités littéraires, artistiques, scientifiques et politiques. Elle repose au cimetière des Rois, le petit « Panthéon genevois ».

Outre une pléthore d’articles dans la presse francophone, elle a rédigé près d’une vingtaine de romans dont certains sont traduits dans plusieurs langues. Son œuvre comporte également des biographies, nouvelles, pièces de théâtre, recensions, reportages, récits de voyage et scénarios.

Petite-fille de l’historien français du protestantisme Henri Léonard Bordier, Hélène Dufour est la fille de Théophile Dufour, directeur des Archives d’État puis de la Bibliothèque de Genève et spécialiste de Calvin. 
Élève de l’École des Beaux-Arts, courant les ateliers genevois, elle chérit la poésie romantique et le néo-classicisme. En 1896, sa vocation littéraire s’expose dans Larmes d’enfant, roman à forte teneur psychologique. Deux ans plus tard suit le bref roman émotif Les Troënes sur la rocambolesque Ghislaine la Brésilienne.

En 1900, elle épouse l’anthropologue et ethnographe Eugène Pittard, père du Musée d’ethnographie de Genève et premier anthropologue à invalider la notion de races humaines. Elle le suit dans ses périples ; ils sillonnent et photographient notamment l’Albanie, la Roumanie, l’Anatolie, l’Algérie et la Tunisie.

La proclamation de la Première Guerre mondiale lézarde l’idéalisme de Noëlle Roger. Elle devient secouriste volontaire à l’hôpital militaire 101 de Lyon, où elle y soigne les meurtris des tranchées et les gueules cassées qu’elle convoie en Suisse. Elle dédie « À nos soldats » en 1915 Le feu sur la Montagne. Journal d’une mère 1914-1915. Éprouvée par l’abomination de la guerre, elle publie en 1917 Le Cortège des Victimes. Les Rapatriés d’Allemagne 1914-1916, puis en 1918 Le Choix d’Andromaque. Finalement en 1919 paraît le recueil de reportages Terres dévastées, cités mortes.

Entre 1922 et 1935 naîtront huit ouvrages dont Le Nouvel Adam, deuxième de la série, roman d’anticipation sur l’intelligence accélérée, traduit en cinq langues. Cet imaginaire fantastique est une réaction visionnaire à la guerre. Elle met l’aventure au tempo des figures scientifiques modernes - biologiste, botaniste, géologue, médecin, minéralogiste, neurologue, physicien, préhistorien, psychiatre.

Noëlle Roger a été médaillée par l’Académie française (1925, 1935, 1948), saluée par la Fondation Schiller et couronnée en 1928 du prix Duplan pour le meilleur roman d’anticipation.
En dehors de sa carrière d’auteure, elle est professeure de littérature à l’École supérieure des jeunes filles de Genève pendant trente ans et correspondante au Journal de Genève.

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